Je suis un éphémère
13/06/2006 10:22 par tgv08
Je suis un éphémère et point trop mécontent citoyen d'une métropole crue moderne parce que tout goût connu a été éludé dans les ameublements et l'extérieur des maisons aussi bien que dans le plan de la ville. Ici vous ne signaleriez les traces d'aucun monument de superstition. La morale et la langue sont réduites à leur plus simple expression, enfin ! Ces millions de gens qui n'ont pas besoin de se connaître amènent si pareillement l'éducation, le métier et la vieillesse, que ce cours de vie doit être plusieurs fois moins long que ce qu'une statistique folle trouve pour les peuples du continent. Aussi comme, de ma fenêtre, je vois des spectres nouveaux roulant à travers l'épaisse et éternelle fumée de charbon, - notre ombre des bois, notre nuit d'été ! - des Erinnyes nouvelles, devant mon cottage qui est ma patrie et tout mon coeur puisque tout ici ressemble à ceci, - la Mort sans pleurs, notre active fille et servante, et un Amour désespéré, et un joli Crime piaulant dans la boue de la rue.
D'un gradin d'or, - parmi les cordons de soie, les gazes grises, les velours verts et les disques de cristal qui noircissent comme du bronze au soleil, - je vois la digitale s'ouvrir sur un tapis de filigranes d'argent, d'yeux et de chevelures.
Des pièces d'or jaune semées sur l'agate, des piliers d'acajou supportant un dôme d'émeraudes, des bouquets de satin blanc et de fines verges de rubis entourent la rose d'eau.
Tels qu'un dieu aux énormes yeux bleus et aux formes de neige, la mer et le ciel attirent aux terrasses de marbre la foule des jeunes et fortes roses.
Arthur Rimbaud
Gros cube
*début du coup d’ gueule
J’ ai appris à respecter l’ caisseu
Celui qui, par inadvertance
Bien à l’ abri dans sa confiance
Baisse sa vitre sur le perif
Pour vider un cendrier
Mais non, j’ commence pas à râler
C ’est juste qu’ on nous apprend
Quand on veut éviter les bouchons
À esquiver la portière du manant
Trop occupé au téléphone
Pour j’ ter un œil dans son retro
* fin du coup d’ gueule
Le motard, il a un bon fond
Il est solidaire, il est fragile
Il essaie entre les caisses, d’ être agile
Il tutoie son camarade
Quand arrêté sur le coté
Il est en rade
Bien sur il y a les fadas qui s’ faufilent
Mais le 4 pattes qui change de file
Sans clignoter, il est normal ?
Pas l’ temps d’ juger, mais s’ incliner sur les pédales
Ok, des fois le motard, il fait peur
D’ accord, derrière son casque
On peut penser qu’ il a le masque
Mais c’ qui l’ fait frémir, c’ est son moteur
N’ oublies jamais gentil automobiliste
Que sous le cuir de ce blouson
Il y a un cœur… parfois triste
Battant pour son ami, tombé jadis...sur le goudron
Le Trail’iste
Le tout-terrain ou la route ?
Le trail’iste est dans le doute.
Aime t’ il toujours le vert ?
Oui peut être mais sans terre.
C’ est alors que naît le supermotard,
hybride entre le trail et le pistard.
Sur son léger engin haut perché,
il s’ illustre dans les montées.
Son slogan ressemble à :
"Le talus n’ attend pas le nombre des années"
ou
"Après l’ appui viennent les bons temps
Le Mécano
C’ est le roi de la trifouille,
des réglages, de la bidouille.
Le mécano passe plus de temps à l’ atelier
que dehors avec ses potes pour une virée.
Adepte du racing et des stickers,
il se saigne pour doper son moteur,
histoire de pourrir tous ce qui roule
et une fois de plus*** les boules.
On le surprend à vociférer :
"La clé à molette est mère de toutes les vis"
ou
"Toute panne mérite galère"
Le Sportif
Le sportif chevauche la toute dernière réplica,
celle-la même que lui a offert son cher papa.
Dans sa superbe combi dernier cri,
il se prend pour son idole Rossi.
A fond en limande sur sa fusée,
il dépasse des vitesses prohibées.
Ferait mieux de faire de la piste :
c’ est ainsi qu’ on devient artiste !
Il aime à dire :
"Faites la bourre, pas la guerre !"
ou
"Du pain, du vin, du bourrin !"
Le Biker
Perfecto, tiags et Cromwell,
il fait partie des Hell’s Angels.
Pour lui tout est prétexte à la fête :
rien ne sert de se prendre la tête.
Crasseux à tomber dans les vapes,
il crâche et pisse sur les japs’.
Sous son air viril et dur,
il est plutôt d’ age mûr.
Son slogan est :
"La vitesse, c’ est dépasser"
ou
"La peur n’ évite pas de manger !"
ou encore
"Ni Dieu, ni chronomètre"
Le Routard
Il roule par tous les temps
sur son utilitaire à 4 temps.
Le routard est toujours prêt à partir
et bouffer des bornes pour le plaisir.
C’ est un voyageur au long cours :
il affectionne les longs parcours.
Suivre sans cesse le serpent bitumeux,
c’ est sa façon de s’ évader un peu.
On peut l’ entendre :
"Partir, c’ est pourrir un pneu"
ou
"Mouche ton nez et dis bonjour au macadam !"
ou encore
"La cigale se trouve fort dépourvue quand le pare-brise fut venu"
Pour moi la vie va commencer
à Pour moi la vie va commencer En revenant dans ce pays Là où le soleil et le vent Là où mes amis mes parents Avaient gardé mon cœur d'enfant Pour moi la vie va commencer Et mon passé sort de l'oubli Foulant le sol de la prairie Chevauchant avec mes amis Pour moi la vie va commencer Pour moi la vie va commencer Je peux voir descendre la nuit Sans avoir peur d'être surpris Tandis qu'au loin comme un troupeau Passent les ombres des chevaux Pour moi la vie va commencer Et sous le ciel de ce pays Sans jamais connaître l'ennui Mes années passeront sans bruit Entre le ciel et mes amis Pour moi la vie va commencer Pour moi la vie va commencer Pour moi la vie va commencer...