18/10/2005 23:20 par tgv08
Le forgeron > imprimer Le forgeron Palais des Tuileries, vers le 10 août 92. Le bras sur un marteau gigantesque, effrayant D'ivresse et de grandeur, le front vaste, riant Comme un clairon d'airain, avec toute sa bouche, Et prenant ce gros-là dans son regard farouche, Le Forgeron parlait à Louis Seize, un jour Que le Peuple était là, se tordant tout autour, Et sur les lambris d'or traînant sa veste sale. Or le bon roi, debout sur son ventre, était pâle Pâle comme un vaincu qu'on prend pour le gibet, Et, soumis comme un chien, jamais ne regimbait Car ce maraud de forge aux énormes épaules Lui disait de vieux mots et des choses si drôles, Que cela l'empoignait au front, comme cela ! « Or, tu sais bien, Monsieur, nous chantions tra la la Et nous piquions les boeufs vers les sillons des autres : Le Chanoine au soleil filait des patenôtres Sur des chapelets clairs grenés de pièces d'or. Le Seigneur, à cheval, passait, sonnant du cor Et l'un avec la hart, l'autre avec la cravache Nous fouaillaient. - Hébétés comme des yeux de vache, Nos yeux ne pleuraient plus ; nous allions, nous allions, Et quand nous avions mis le pays en sillons, Quand nous avions laissé dans cette terre noire Un peu de notre chair... nous avions un pourboire : On nous faisait flamber nos taudis dans la nuit ; Nos petits y faisaient un gâteau fort bien cuit. ... »Oh ! je ne me plains pas. Je te dis mes bêtises, C'est entre nous. J'admets que tu me contredises. Or, n'est-ce pas joyeux de voir, au mois de juin Dans les granges entrer des voitures de foin Énormes ? De sentir l'odeur de ce qui pousse, Des vergers quand il pleut un peu, de l'herbe rousse ? De voir des blés, des blés, des épis pleins de grain, De penser que cela prépare bien du pain ?... Oh ! plus fort, on irait, au fourneau qui s'allume, Chanter joyeusement en martelant l'enclume, Si l'on était certain de pouvoir prendre un peu, Étant homme, à la fin ! de ce que donne Dieu ! - Mais voilà, c'est toujours la même vieille histoire ! « Mais je sais, maintenant ! Moi, je ne peux plus croire, Quand j'ai deux bonnes mains, mon front et mon marteau, Qu'un homme vienne là, dague sur le manteau, Et me dise : Mon gars, ensemence ma terre ; Que l'on arrive encor, quand ce serait la guerre, Me prendre mon garçon comme cela, chez moi ! - Moi, je serais un homme, et toi, tu serais roi, Tu me dirais : Je veux !... - Tu vois bien, c'est stupide. Tu crois que j'aime voir ta baraque splendide, Tes officiers dorés, tes mille chenapans, Tes palsembleu bâtards tournant comme des paons : Ils ont rempli ton nid de l'odeur de nos filles Et de petits billets pour nous mettre aux Bastilles, Et nous dirons : C'est bien : les pauvres à genoux ! Nous dorerons ton Louvre en donnant nos gros sous ! Et tu te soûleras, tu feras belle fête. - Et ces Messieurs riront, les reins sur notre tête ! « Non. Ces saletés-là datent de nos papas ! Oh ! Le Peuple n'est plus une putain. Trois pas Et, tous, nous avons mis ta Bastille en poussière. Cette bête suait du sang à chaque pierre Et c'était dégoûtant, la Bastille debout Avec ses murs lépreux qui nous racontaient tout Et, toujours, nous tenaient enfermés dans leur ombre ! - Citoyen ! citoyen ! c'était le passé sombre Qui croulait, qui râlait, quand nous prîmes la tour ! Nous avions quelque chose au coeur comme l'amour. Nous avions embrassé nos fils sur nos poitrines. Et, comme des chevaux, en soufflant des narines Nous allions, fiers et forts, et ça nous battait là... Nous marchions au soleil, front haut, - comme cela, - Dans Paris ! On venait devant nos vestes sales. Enfin ! Nous nous sentions Hommes ! Nous étions pâles, Sire, nous étions soûls de terribles espoirs : Et quand nous fûmes là, devant les donjons noirs, Agitant nos clairons et nos feuilles de chêne, Les piques à la main ; nous n'eûmes pas de haine, - Nous nous sentions si forts, nous voulions être doux ! ........................................................... ........................................................... « Et depuis ce jour-là, nous sommes comme fous ! Le tas des ouvriers a monté dans la rue, Et ces maudits s'en vont, foule toujours accrue De sombres revenants, aux portes des richards. Moi, je cours avec eux assommer les mouchards : Et je vais dans Paris, noir, marteau sur l'épaule, Farouche, à chaque coin balayant quelque drôle, Et, si tu me riais au nez, je te tuerais ! - Puis, tu peux y compter, tu te feras des frais Avec tes hommes noirs, qui prennent nos requêtes Pour se les renvoyer comme sur des raquettes Et, tout bas, les malins ! se disent « Qu'ils sont sots ! » Pour mitonner des lois, coller de petits pots Pleins de jolis décrets roses et de droguailles, S'amuser à couper proprement quelques tailles, Puis se boucher le nez quand nous marchons près d'eux, -Nos doux représentants qui nous trouvent crasseux ! - Pour ne rien redouter, rien, que les baïonnettes..., C'est très bien. Foin de leur tabatière à sornettes! Nous en avons assez, là, de ces cerveaux plats Et de ces ventres-dieux. Ah ! ce sont là les plats Que tu nous sers, bourgeois, quand nous somme féroces, Quand nous brisons déjà les sceptres et les crosses !... » ........................................................... Il le prend par le bras, arrache le velours Des rideaux, et lui montre en bas les larges cours Où fourmille, où fourmille, où se lève la foule, La foule épouvantable avec des bruits de houle, Hurlant comme une chienne, hurlant comme une mer, Avec ses bâtons forts et ses piques de fer, Ses tambours, ses grands cris de halles et de bouges, Tas sombre de haillons saignants de bonnets rouges : L'Homme, par la fenêtre ouverte, montre tout Au roi pâle et suant qui chancelle debout, Malade à regarder cela ! « C'est la Crapule, Sire. Ça bave aux murs, ça monte, ça pullule : - Puisqu'ils ne mangent pas, Sire, ce sont des gueux ! Je suis un forgeron : ma femme est avec eux, Folle ! Elle croit trouver du pain aux Tuileries ! - On ne veut pas de nous dans les boulangeries. J'ai trois petits. Je suis crapule. - Je connais Des vieilles qui s'en vont pleurant sous leurs bonnets Parce qu'on leur a pris leur garçon ou leur fille : C'est la crapule. - Un homme était à la Bastille, Un autre était forçat : et tous deux, citoyens Honnêtes. Libérés, ils sont comme des chiens : On les insulte ! Alors, ils ont là quelque chose Qui leur fait mal, allez ! C'est terrible, et c'est cause Que se sentant brisés, que, se sentant damnés, Ils sont là, maintenant, hurlant sous votre nez ! Crapule. - Là-dedans sont des filles, infâmes Parce que, - vous saviez que c'est faible, les femmes - Messeigneurs de la cour, - que ça veut toujours bien, - Vous leur avez craché sur l'âme, comme rien ! Vos belles, aujourd'hui, sont là. C'est la crapule. ............................................................ « Oh ! tous les Malheureux, tous ceux dont le dos brûle Sous le soleil féroce, et qui vont, et qui vont, Qui dans ce travail-là sentent crever leur front, Chapeau bas, mes bourgeois ! Oh ! ceux-là, sont les Hommes ! Nous sommes Ouvriers, Sire ! Ouvriers ! Nous sommes Pour les grands temps nouveaux où l'on voudra savoir, Où l'Homme forgera du matin jusqu'au soir, Chasseur des grands effets, chasseur des grandes causes, Où, lentement vainqueur, il domptera les choses Et montera sur Tout, comme sur un cheval ! Oh ! splendides lueurs des forges ! Plus de mal, Plus ! - Ce qu'on ne sait pas, c'est peut-être terrible : Nous saurons ! - Nos marteaux en main, passons au crible Tout ce que nous savons : puis, Frères, en avant ! Nous faisons quelquefois ce grand rêve émouvant De vivre simplement, ardemment, sans rien dire De mauvais, travaillant sous l'auguste sourire D'une femme qu'on aime avec un noble amour : Et l'on travaillerait fièrement tout le jour, Écoutant le devoir comme un clairon qui sonne : Et l'on se sentirait très heureux ; et personne, Oh ! personne, surtout, ne vous ferait ployer ! On aurait un fusil au-dessus du foyer... ........................................................ « Oh ! mais l'air est tout plein d'une odeur de bataille. Que te disais-je donc ? Je suis de la canaille ! Il reste des mouchards et des accapareurs. Nous sommes libres, nous ! Nous avons des terreurs Où nous nous sentons grands, oh ! si grands ! Tout à l'heure Je parlais de devoir calme, d'une demeure... Regarde donc le ciel ! - C'est trop petit pour nous, Nous crèverions de chaud, nous serions à genoux ! Regarde donc le ciel ! - Je rentre dans la foule, Dans la grande canaille effroyable, qui roule, Sire, tes vieux canons sur les sales pavés : - Oh ! quand nous serons morts, nous les aurons lavés ! - Et si, devant nos cris, devant notre vengeance, Les pattes des vieux rois mordorés, sur la France Poussent leurs régiments en habits de gala, Eh bien, n'est-ce pas, vous tous ? Merde à ces chiens-là ! » ............................................................ - Il reprit son marteau sur l'épaule. La foule Près de cet homme-là se sentait l'âme soûle, Et, dans la grande cour, dans les appartements, Où Paris haletait avec des hurlements, Un frisson secoua l'immense populace. Alors, de sa main large et superbe de crasse, Bien que le roi ventru suât, le Forgeron, Terrible, lui jeta le bonnet rouge au front ! Arthur Rimbaud
18/10/2005 22:46 par tgv08
Rages des Césars L'Homme pâle, le long des pelouses fleuries, Chemine, en habit noir, et le cigare aux dents : L'Homme pâle repense aux fleurs des Tuileries - Et parfois son oeil terne a des regards ardents... Car l'Empereur est soûl de ses vingt ans d'orgie ! Il s'était dit : « Je vais souffler la Liberté Bien délicatement, ainsi qu'une bougie ! » La liberté revit ! Il se sent éreinté ! Il est pris. - Oh ! quel nom sur ses lèvres muettes Tressaille ? Quel regret implacable le mord ? On ne le saura pas. L'Empereur a l'oeil mort. Il repense peut-être au Compère en lunettes... - Et regarde filer de son cigare en feu, Comme aux soirs de Saint-Cloud, un fin nuage bleu. Arthur Rimbaud
18/10/2005 22:23 par tgv08
Morts de quatre-vingt-douze > > « ... Français de soixante-dix, bonapartistes, républicains, souvenez-vous de vos pères en 92, etc. » Paul de CASSAGNAC. Le Pays. Morts de Quatre-vingt-douze et de Quatre-vingt-treize, Qui, pâles du baiser fort de la liberté, Calmes, sous vos sabots, brisiez le joug qui pèse Sur l'âme et sur le front de toute humanité ; Hommes extasiés et grands dans la tourmente, Vous dont les coeurs sautaient d'amour sous les haillons, Ô Soldats que la Mort a semés, noble Amante, Pour les régénérer, dans tous les vieux sillons ; Vous dont le sang lavait toute grandeur salie, Morts de Valmy, Morts de Fleurus, Morts d'Italie, Ô million de Christs aux yeux sombres et doux ; Nous vous laissions dormir avec la République, Nous, courbés sous les rois comme sous une trique. - Messieurs de Cassagnac nous reparlent de vous ! Fait à Mazas, 3 septembre 1870. Arthur Rimbaud
18/10/2005 17:43 par tgv08
Poèmes pour mes amis que j'adore Sur un mur, je vois Un petit chat Qui me dis : « Ce qu’il y a de plus important C’est les amis Il seront éternellement Dans ton cœur Et là quand tu pleure Ils te remonteront le moral Et ne disent rien quand tu râle Alors chéri-les Et montre-leur combien ils sont adulés » Voilà mon histoire de la vie Je dédis ce poèmes à mes amis Qui comptent beaucoup pour moi Qui sont super sympas Et qui arrivent à me supporter C’est tellement beau l’amitier
18/10/2005 16:44 par tgv08
Écoutez la légende de Buffalo blanc où nos enfants de phase... Un guerrier seul se tient dans la crainte de ce que le futur apporte, il n'entendra jamais les tambours battants ou les chansons ses frères chanter. Beaucoup de nos nations se sont par le passé tenues grandes et étendues du rivage au rivage mais plus sont allées et peu restent et le buffle n'erre pas plus. Nous avons partagé notre nourriture et notre terre et avons donné avec les coeurs ouverts, nous avons voulu la paix et l'amour et l'espoir, mais tous ont été déchirés. Tout ceci a été pris parce que nous n'avons pas su ce que l'homme blanc a eu dans le magasin, ils ont tué nos personnes et ont violé nos terres et le buffle n'erre pas plus. Mais ceux de nous qui restent toujours prisent nos têtes vers le haut de haute, et les spiritueux des aînés nous traversent comme si elles ne sont jamais mortes. Nos rêves vivront dessus pour toujours et nos nations seront réincarnés, notre os et des perles et les plumes toutes seront fièrement portées. Si vous écoutez étroitement vous entendrez les tambours et les chansons sur les vents, et dans la distance vous verrez... le buffle errer encore. .
Écoutez la légende de Buffalo blanc où nos enfants de phase... Un guerrier seul se tient dans la crainte de ce que le futur apporte, il n'entendra jamais les tambours battants ou les chansons ses frères chanter. Beaucoup de nos nations se sont par le passé tenues grandes et étendues du rivage au rivage mais plus sont allées et peu restent et le buffle n'erre pas plus. Nous avons partagé notre nourriture et notre terre et avons donné avec les coeurs ouverts, nous avons voulu la paix et l'amour et l'espoir, mais tous ont été déchirés. Tout ceci a été pris parce que nous n'avons pas su ce que l'homme blanc a eu dans le magasin, ils ont tué nos personnes et ont violé nos terres et le buffle n'erre pas plus. Mais ceux de nous qui restent toujours prisent nos têtes vers le haut de haute, et les spiritueux des aînés nous traversent comme si elles ne sont jamais mortes. Nos rêves vivront dessus pour toujours et nos nations seront réincarnés, notre os et des perles et les plumes toutes seront fièrement portées. Si vous écoutez étroitement vous entendrez les tambours et les chansons sur les vents, et dans la distance vous verrez... le buffle errer encore.
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18/10/2005 12:59 par tgv08
INDIENS DE LA TRIBU DES CHEYENNE Les Cheyenne durent quittés leurs terres et s ' installer dans une réserve à plusieurs miles . En 1878 , DUN KNIFE et LITTLE WOLF demandèrent à rentrer chez eux - ce qu ' on leur refusa . Le 9 septembre1878 , les indiens quittèrent la réserve en une seule nuit . 10 000 soldats et 3000 civiles ( environs ) partirent à leur recherche . Après plusieurs affrontements , LITTLE WOLF et ses 160 guerriers Cheyenne reprirent le chemin du Montana . Après 6 mois de fuite , plusieurs miles parcourus , LITTLE WOLF retrouvait officiellement sa patrie dans les BLACKS HILLS . Il mourut en 1904 et fut enseveli au sommet d ' une colline sous un amas de pierre . " COMME LE VOULAIT LA TRADITION CHEYENNE "
18/10/2005 11:48 par tgv08
un ami sur le web T u es devant ton ordinateur... T'es un peu deprimé(e)... T'as le goût a rien.... ça arrive quelquefois! J'espère que ce petit message te feras du bien.. Un ami sur le web ça peut être bon comme du bon pain. ça peut t'ofrir un soutien. ça peut te faire rire comme un fou. ça peut ecouter tes petits secrets. ça peut t'aider quand t'es mal. mais non ça ne peut pas te passer des sous... quand t'es cassé comme un clou.. Le web c'est tout ça! c'est le rendez-vous de l'amitié. c'est donc important les amis... alors ne restes pas esseulé(é).
18/10/2005 11:06 par tgv08
Bonne base pour la customisation. La moto est bien équipée d'origine, posséde un look indémodable, le niveau de finition est très soigné, la fiabilié té est au rendez-vous. C'est une moto passion, très exclusive!
18/10/2005 10:59 par tgv08
"Qu'est-ce que l'homme dans la nature ? Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant, un milieu entre rien et tout."